La Course des Etoiles 2019

Le Retrait de dossard

Voilà, nous y sommes, après plus de 10 mois d’entraînement nous sommes à la veille de cette fabuleuse Course des Etoiles!! 10 mois de préparation physique, mais aussi pour ma part l’arrêt de la cigarette 1 mois avant la course et une attention particulière portée à mon alimentation.

Le 11 Octobre à 17h30, je me dirige vers le Stade Marcel Cazenave à Bagnères de Bigorre où a été installé le village de la Course, pour retirer mon dossard. Lorsque j’arrive sur les lieux, peu de gens sont là il est encore tôt. J’en profite donc pour aller retirer mon dossard rapidement et discuter un peu avec les copains et copines de mon club et organisateur de la course, le Stade Bagnérais Athlétisme. J’en profite également pour me faire prendre en photo avec mon joli nouveau t-shirt de La Course des Etoiles et la pochette d’un des partenaire de la course où je suis d’ailleurs en formation, le SPS.

19h, le briefing d’avant course commence et tout le monde arrivé entre temps s’agglutine au niveau du podium et du porteur du micro. Pierre nous explique les difficultés du lendemain, les danger que l’on peut rencontrer sur le parcours, la météo annoncée, les équipements obligatoires, …

20h30, il est l’heure de rentrer manger et me coucher, demain, départ à 5h30!!

Histoire et profil de La Course des Etoiles

La Course des Etoiles, c’est une vieille course remise au goût du jour. A l’époque, les gars partaient sans ravito, à fond les ballons et avec un style bien d’époque!!! je vous laisse apprécier !

De notre côté, La Course des Etoiles 2019 c’était 70km, 4 800m de dénivelé positif. La course part du Stade Marcel Cazenave à 5h30 du matin le 12 Octobre 2019, pour passer par quelques points clés : les crêtes de Culentous, le Chiroulet, le Lac Bleu, le Col d’Aoube, le Col de la Bonida, le Pic du Midi, le Col d’Arizes et enfin le Petit Monné.

Ci-dessous, le tracé et le profil de la course :

12 Octobre 2019 – La Course

Le départ : Bagnères de Bigorre – Chiroulet

Nous y voilà! C’est le 12 Octobre, il est 5h15 du matin, 19°C et je me dirige vers le Stade Marcel Cazenave en trottinant (c’est chouette d’avoir le départ d’une course dans sa ville 😉 ) pour rejoindre Gaëtan sur la ligne de départ. La nuit a été difficile comme chaque veille de course, un mélange de stress et d’impatience qui t’empêchent de dormir. Peu importe, je suis en forme malgré la mauvaise nuit et les courbatures de la semaine passée au Bootcamp du SPS et il me tarde de partir à l’assaut des sommets!

5h30, le signal du départ retentit enfin et c’est un wagon de 526 coureurs qui s’élance en direction du Bédat! Je me suis placé avec Gaëtan sur la première partie du wagon histoire de ne pas être bloqué dans les embouteillages au premier rétrécissement de sentier. Gaëtan s’échappe assez rapidement et je reste à mon rythme car je sais qu’il ne faut pas que je me crame dès le départ, la journée va être longue, gardons nos ressources!

Les frontales dansent dans la nuit bagnéraise et entament la montée au Bédat. Là, le rythme ralentit un peu mais nous conservons une bonne allure. Je double et me fais doubler à plusieurs reprises par Daniel qui lui aussi a décidé de partir tranquillement. Linda sa compagne se trouve un peu en amont mais a elle aussi un rythme tranquille (ils sont habitués de ce genre de course, je devrais peut-être les imiter si je veux arriver au bout).

Ça tombe bien, les premiers bouchons se forment à l’entrée d’un petit sentier qui va nous amener à la Croix de Manse, on ralentit donc le rythme avant de relancer dans une descente de route. Nous montons ensuite en direction des Plaines d’Esquiou par un bon gros « mur » appelé Echelles de Pilate, où les frontales se croisent dans de superbes lacets à la verticale. Je me dis à ce moment que j’aimerai sortir l’appareil photo mais sans trépied la photo a de grandes chances d’être ratée. Je continue donc et profite des bonnes sensations que j’ai sur ce début de course.

7h, j’arrive au premier ravito qui se situe au Col du Couret, je suis dans les temps par rapport à mes prévisions! Je prends 5 minutes sur ce ravito pour boire un coup d’eau gazeuse et manger un peu. Lolo était sensé être là pour me faire l’assistance mais je ne le vois pas, tant pis, je ne tarde pas et reprends la course.

J’attaque la montée hyper raide dans le bois et prends la direction des crêtes de Culentous. Je suis toujours en forme et suis bien dans ma course. Le vent souffle sur les crêtes, un vent chaud et avec de bonnes rafales, le plus souvent de face ou latéralement. Autant dire qu’il n’était pas simple d’avancer sur ce petit chemin. J’arrive au sommet de La Peyre où m’attends un superbe lever de soleil rouge sang! Un spectacle époustouflant que je prends le temps d’apprécier et de photographier. La plupart des coureurs ne s’arrêteront pas à cet endroit et je perds pas mal de places, peu importe je ne suis pas là pour gagner mais pour passer une belle journée. Je rencontre d’ailleurs sur ce sommet Alex de chez Aneto Sport qui est bénévole sur la course et qui me prendra en photo en train d’admirer ce lever de soleil.

Allez, c’est reparti, on redescends du sommet par la forêt jusqu’à la Cascade Magenta, puis on traverse la route pour rejoindre une piste sur le versant Sud de la Vallée de Lesponne et remonter jusqu’au Chiroulet où nous attends le second ravito, qui marque également la fin de la première étape pour ceux qui sont partis sur la course en relais. Je me croyais en avance mais je suis juste dans le temps que je m’étais fixé, c’est à dire 4h de course, il ne va pas falloir trop traîner!!

Dans le dur : Chiroulet – Pic du Midi – Col de la Courade

Après avoir finalement retrouvé Lolo, Anaïs et Jack et passé 10 minutes au ravito du Chiroulet, je m’élance de nouveau sur la course. En avant pour une belle montée de 1 800m de dénivelé positif!!!!!

J’avoue que le fait de déjà parfaitement connaître le terrain n’aide pas vraiment à se motiver et à se donner du courage pour entamer correctement cette interminable montée, mais bon je jette mon cerveau et m’engage sur l’ascension du Lac Bleu, tranquillement mais surement.

En arrivant à la sortie de la foret on se retrouve sur un petit replat (toutes proportions gardées biensur !!) et on commence la deuxième partie de l’ascension et c’est à ce moment là que je regarde ma montre et que je vois que je monte à environ 2km/h, autant dire que je suis quasi à l’arrêt!!! Je n’arrive plus à avancer et me fais doubler dans tous les sens, pas évident de rester dans sa course à ce moment là! Je m’arrête donc assez régulièrement pour prendre quelques photos histoire d’oublier que j’en chie grave, et ça marche, petit à petit j’arrive à me hisser jusqu’à ce splendide Lac Bleu.

Là, on se couvre très rapidement car le vent souffle très fort et il commence à faire bien frais! Petit passage technique avec une main courante où Gérald trouvera toujours une bonne excuse pour vous prendre vos bâtons pour que vous puissiez passer en toute sécurité.

Passage délicat franchit, on se dirige maintenant en direction du Col d’Aoube en suivant un petit chemin étroit mais bien roulant qui passe à côté du Lac Vert. Petite pause Pom’pote au Col d’Aoube, une photo, et c’est parti pour une courte descente avant de reprendre l’ascension vers le Col de La Bonida. Arrivé au Col, je me pose 5 minutes pour admirer les superbes paysages qui s’offrent à nous dans cet enchevêtrement de montagnes, de cols, de nuages, de pluie, de soleil, tout ça en même temps, c’est juste un moment magique!!! Allez une autre Pom’pote et 2 fraises Tagada et je descends du col pour ensuite remonter en direction du Pic du Midi qui se plante là devant nous, majestueux, dans une lumière magnifique, on va les toucher ces étoiles tant convoitées!!!

De là, je monte jusqu’au Col de Sencours en passant par le Lac d’Oncet, où m’attendent Lolo, Anaïs et Jack. Il fait super froid, le vent souffle très fort et on s’abrite dans le bâtiment abandonné au Col de Sencours. Au menu, soupe d’asperges, eau gazeuse, coca, bombons (fraises tagada et bouteilles de coca) quelques fruits secs, un peu de jambon, un peu de quatre quart, du saucisson. Je refais le plein de mes réserves d’eau, Lolo me donne 2 pâtes de fruits et 2 Pom’potes et je repars rapidement à l’assaut du Pic du Midi. On m’apprends que Gaëtan lui est déjà redescendu juste avant que j’arrive à Sencours, il a une bonne avance c’est super!!

Je repars du ravito regonflé à bloc, et pourtant j’ai l’impression de ne pas avancer, c’est pas grave on est plusieurs sur la montée et on se soutient, c’est ça aussi la beauté de ce sport. Sur la piste, je remonte rapidement jusqu’à une silhouette que je connais, c’est Christian le beau père de Nicolas, super!! On croisera d’ailleurs juste après, Martin, qui redescends déjà du Pic. Allez on serre les dents et on continue à avancer, je distance Christian, tant pis chacun son rythme on se retrouvera plus tard. Je commence à me ressentir bien et termine la montée du Pic dans un bon rythme.

Après 8h43 de course, je suis enfin arrivé au sommet du Pic du Midi, où m’attends Claire. Un grand sourire, des encouragements, ça fait toujours du bien!! Je m’arrête quelques minutes pour manger une pâte de fruits, j’enlève mes 3 couches de vêtements pour la descente, je prends quelques photos et c’est reparti, pour une bonne descente de 1 100m, ça va piquer dans les cuisses!!!

La (looooooonngue) descente

Et voilà, après avoir touché les étoiles, je me retrouve sur la piste qui descend du Pic du Midi. Je suis bien, je descends à un bon rythme et remonte quelques concurrents. A partir de Sencours, la descente se fait plus technique et je me sens dans mon élément, je double à tout va et ça me rassure. Je croise des copains du Stade Bagnérais Athlétisme avec qui je papote au moins 5 minutes, ça fait plaisir mais du coup je reperds toutes les places gagnées 😉

Allez je ne tarde pas trop, et après 1h de descente depuis le Pic du Midi, je me retrouve à remonter en direction du Col d’Arizes. C’est là que je vois Loïc arriver derrière moi. Il est un peu dans le dur, il en a marre, mais il avance à un bon rythme et finit par me doubler avant le Lac d’Arizes. Arrivé au Lac je commence à retrouver mon état de la montée du Lac Bleu, je n’avance plus, je me hisse tant bien que mal jusqu’au Col d’Arizes à une vitesse vertigineuse de 2km/h!!! Allez un dernier effort et j’arrive au Col où d’autres copains du SBA veillent au bon passage des coureurs. Je repapote 5 minutes, fais une pause photo au col et reprends ma course en direction du Col de La Courade.

C’est reparti pour 800m de descente jusqu’au Col de la Courade. Superbe partie passant par le Lac de l’Oeuf, contournant le Hount Blanque, avec une vue magnifique sur le Lac de Binaros. Un parcours de « crêtes » qui offre une vue incroyable sur la vallée de Campan, sur les sommets du côté du Casque du Lhéris, sur les sommets du côté du Pic du Midi mais aussi sur la plaine. On aperçois également la ville de Bagnères de Bigorre, la fin de la course est proche! Mais ne nous enflammons pas trop car on aperçoit aussi le dernier « mur » de la course, la montée du Petit Monné (où se déroule d’ailleurs le kilomètre vertical du Monnépal ce samedi 19 Octobre 2019) depuis Beaudéan pour bien nous achever. Il ne faudrait pas arriver trop frais à Bagnères de Bigorre!!! 😉

Après 11h28 de course et 54km parcourus, j’arrive difficilement au Col de la Courade sur une descente dans le bois qui commencera à me faire souffrir au niveau du genou droit et des cuisses. Pas grave, je suis au ravito! Lolo Anaïs et Jack sont là. Je mange de succulents morceaux de pomme, du raisin, des fraises Tagada (je crois que je n’en ai jamais consommé autant dans ma vie entière!!) une Pom’pote, je me pose 5 minutes et refait le plein des réserves d’eau.

Le mur de la mort!

Il ne reste plus grand chose, les grosses difficultés sont passées, je me motive donc à repartir rapidement pour boucler cette belle journée. Je marche 2 minutes et tombe sur Nicolas et Pauline ça fait du bien de les voir! On discute 5 minutes et je repars il ne faut pas trop traîner. Là Nico me mitraille de photos, je fais un peu l’idiot même si je n’en ai plus tellement les forces.

La descente est rude et longue, on arrive sur une grosse partie de route et je m’arrête de courir, ça tape trop pour moi. Je marche tranquillement, me fais doubler par des relais qui sont tout frais et descendent comme des fusées, ça fait mal au moral mais ils viennent de commencer eux!! Mais je continue et arrive à un petit « coup de cul » qui me permet de redescendre dans le Vallon du Serris et d’arriver au dernier ravito, à Beaudéan.

Super ravito où je bois le bouillon de cette super Garbure, bien salée, je reprends donc tous mes minéraux, par contre ça sèche la bouche haha!

Je repars très rapidement du ravito à l’assaut de la dernière difficulté du jour, le Petit Monné. Lolo m’accompagne jusqu’à la lisière de la forêt, on discute un peu je lui donne mes impressions, il m’encourage et me remonte à bloc. Allé je suis dans la forêt, je monte bien, et là j’entends un gars qui court super vite et qui me rattrape, je ne me retourne pas je suis trop crevé! Arrivé à mon niveau il s’arrête, oh! c’est Nico!! Il m’a rejoint pour faire une partie de la montée du Petit Monné avec moi, génial ça va bien m’aider!

On discute en avançant, j’ai du mal à monter et me fait remonter par deux concurrents, dont Christian qui a repris du poil de la bête et qui monte à vive allure avec ses bâtons. Nico le suit tandis que je sors de la forêt et attaque la partie raide. Très rapidement je m’essouffle, mes jambes ne me portent plus, je m’arrête tous les trois mètres faire une pause, je galère quoi!! Nico armé de son appareil photo mitraille Christian, puis me mitraille à mon tour sur cette montée raide au soleil couchant, super ambiance, ça vaut quand même le coup d’être là!

Après 1h pile de montée, je suis enfin au sommet!! La nuit commence à tomber, je m’équipe donc de ma frontale pour attaquer la dernière partie de la course, la descente vers Bagnères!!!

La renaissance

Je fonce dans le bois que je connais par cœur, je double plein de coureurs qui sont sur la réserve, et bizarrement je me sens super bien, j’ai l’impression de voler!! J’avale la descente jusqu’à la Croix de Manse, de là, je remonte vers le Col du Bédat et continue à descendre jusqu’à arriver sur le plat et le bitume de la ville de Bagnères de Bigorre, enfin!! Je passe devant le Bar de l’Excuse où un concert a lieu, les gens m’applaudissent, ça me booste encore plus et j’accélère en direction de la fin de la course. J’arrive au Stade Marcel Cazenave, franchit la dernière montée d’escaliers en sautillant, et aperçois Gaëtan qui m’attends le long de la dernière ligne droite vers la délivrance. Lolo, Anaïs et Jack sont là eux aussi!! J’ai un super rythme, je n’ai plus mal nulle part, j’arbore un énorme sourire, ça y est j’y suis, ça y est j’ai bouclé les 70km (72 plus exactement) et les 4 800m de dénivelé positif de la journée en 15h11 min en 200eme position, j’ai atteins mon objectif de l’année!!! Je passe la ligne d’arrivée et me jette dans les bras de Marc qui est heureux de me voir et qui m’honore de cette magnifique médaille de finisher de cette Course des Etoiles 2019!

Ni une ni deux, je me dirige vers le bar réclamer la tant attendue et méritée petite bière d’après course!!

Conclusion

La Course des Etoiles 2019, une course extraordinaire, tant par les paysages que par les émotions et l’exigence physique. Une super organisation qui a pris soin du moindre détail et qui a clairement fait un sans faute. Une ambiance très agréable sur tous les ravitos qui étaient d’ailleurs très bien fournis et très variés.

Merci au SBA de nous avoir permis de vivre cette expérience, merci pour cette super ambiance, et merci à mon corps et mon mental qui m’ont permis d’aller jusqu’au bout sans trop d’encombres!!

Vivement la prochaine édition!!

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